SCIB ?

06Nov07

Mes réactions au billet d’Olivier Ertzscheid sur les sciences de l’information (en commentaire et par le billet « SIC ou SIB ») ont donné lieu à un échange entre Olivier, Thomas Chaimbault, auteur du billet originel, et moi, en commentaire et par courriel (avec Gabriel Gallezot en particulier).

Si je résume: le problème que pose l’ensemble SIC aux universitaires SI, c’est, moins la coexistence avec les SC en soi que le déséquilibre entre SI et SC (au profit de ces dernières), par ailleurs il semble entendu que les sciences des bibliothèques font partie des sciences de l’information ou du moins leur sont contigües sans solution de continuité. Dès lors ne pourrait-on espérer d’une intégration (claire et visible) des sciences des bibiothèques dans les SIC (plutôt que d’un alignement mécanique sur le modèle anglo-saxon par le transfert des SI, depuis les SC vers les SB) un rééquilibrage d’ensemble?

La question des rapports entre sciences de l’information, sciences de la communication et sciences des bibliothèques est un serpent de mer, comme le rappelle Olivier, cependant elle reste « académique » ne débouche pas sur une remise en cause de la coupure de fait qui existe entre la communauté universitaire définie par le champ de la 71e section et les professionnels des bibliothèques (Thomas remarque que la bibliothéconomie existe bien à l’Université mais dans des formations plutôt techniques préparant aux concours des emplois catégorie B des bibliothèques, une autre exception concerne… les Urfist), coupure dont je persiste à penser qu’elle est dommageable pour notre profession et que j’incline, avec moins d’autorité, à trouver dommageable pour la communauté des enseignants-chercheurs en sciences de l’information.

Or il semble que cette question soit en ce moment dans les esprits puisque, outre le mini-débat évoqué ici, ces derniers jours nous offrent d’autres contributions:

  • un billet de Jean-Michel Salaün « Redocumentarisation et sciences de l’information », qui annonce un article à paraître. Je résume son résumé:

    Les sciences de l’information, construites sur la base d’un processus de documentarisation démarré à la fin du XIXème siècle, sont avec le numérique confrontées à la nécessité de se renouveler. (..) Pour le comprendre, on peut suivre la proposition du collectif Roger T. Pédauque de repérer le caractère tridimensionnel du document (forme-texte-medium). Pour le maîtriser, il est utile de retourner aux racines des sciences de l’information, en particulier à l’archivistique.

  • un billet d’Olivier Le Deuff qui utilise le Nébuloscope de Jean Véronis pour intérroger l’environnement des syntagmes « culture de l’information », « culture informationnelle » et « information literacy », où l’on verra que (significativement?) les bibliothèques ne prennent un poids sensible que dans l’environnement du 3e syntagme (très sensible alors, ce qui me justifie de citer ici ce billet qui paraîtrait à première vue hors sujet).

Et si l’on profitait de cette mini-conjoncture pour se poser ensemble la question de l’intégration des sciences des bibliothèques à l’ensemble SIC. Les SCIB en somme (c’est la forme la plus élégante que j’ai trouvé pour l’acronyme). On devine que j’incline fortement en faveur d’une telle solution – mais je peux me tromper, et en ce cas je serais très intéressé de savoir les motifs qui militent contre cette intégration (les motifs qui militent pour, j’en un tiroir à disposition de qui veut mais il ne me semble pas nécessaire de l’ouvrir).

Alors, pour ou contre les SCIB (et si contre pour quoi, SIC ou SIB) ?

PS. Une rectification: je terminais le billet « SIC ou SIB » par la question « le modèle français, pour ou contre ? ». J’ai fait une mini-enquête en allant voir comment sur différentes wikipedias le métier de bibliothécaire était défini. Le résultat (voir les extraits ici) montre que si la wikipédia française est celle qui, à vue de nez, met le plus de distance entre le métier et le traitement de l’information proprement dite, la wikipédia anglaise est la seule à définir expressément le métier de bibliothécaire par une formation initiale en SIB:

A librarian is an information professional trained in library science and information science

Ainsi, plus nettement encore que d’un modèle français, il faudrait parler ici d’une exception anglo-saxonne (comme le remarque Olivier à propos de la coupure entre SI et SC).



3 Responses to “SCIB ?”

  1. 1 nicomo

    Je penche pour ce qui me concerne (ss surprise pour ceux qui me connaissent, j’imagine) pour un alignement strict sur le modèle anglo-saxon: SIB d’un côté / SC de l’autre.
    L’argument tient en partie au fait qu’il me semble que négocier une meilleure représentation de la bibliothéconomie au sein des SIC ne change rien objectivement au poids de celle-ci. Alors qu’une réforme non pas symbolique mais structurelle est plus concréte et, peut-on penser, à plus de chances d’aboutir à des résultats.
    Par ailleurs je ferais remarquer que l’acronyme de l’ENSSIB est très clair dans ce sens: SIB. Le modèle de l’ENSSIB, qui a certainement vocation à accueillir des chercheurs en SIB, est clairement celui des écoles LIS anglo-saxonnes.

  2. 2 MRG

    Inscrire la bibliothéconomie dans le champ de la 71e section va plus loin, amha, qu’une simple mesure symbolique et ouvrirait la voie à des réformes structurelles, qui permettraient en particulier que l’acronyme de l’Enssib passe du stade programmatique (un peu vélléitaire) au stade descriptif.
    Par ailleurs, la communauté des chercheurs en information ne semblent pas du tout désireux de se couper des sciences de la communication.

    Je n’ai pas de religion faite concernant le rapport entre les SC et les SI et il ne me semble pas que pour nous, bibliothécaires, le problème soit essentiel. Comme, par ailleurs (nous en avons plusieurs fois discuté), l’isolement des bibliothécaires (finalement l’ancrage universitaire de la profession reste l’Ecole des Chartes, trésor national certes mais… voyons!) me semble être le problème prioritaire, je me dis que le point de vue des chercheurs SI mérite d’être pris en compte à partir du moment où ils reconnaissent la compatibilité voire l’appartenance de la bibliothéconomie dans leur champ disciplinaire.


  1. 1 SCIB : et les SD? « bibliothécaire

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