Dominique Lahary

Dominique Lahary explique cela très bien dans son billet biblio-fr du 7 juin dernier (mis en ligne sur son site). Je n’ai pas eu l’occasion de le lire avant le congrès de l’ABF mais après coup je suis frappé par la convergence de nos points de vue. A cette différence près que Dominique Lahary parle pour les bibliothèques publiques et laisse, prudemment, les bibliothèques universitaires à l’écart de son propos. Or il me semble que la problématique concerne également les bibliothèques universitaires dans la mesure où la lecture suivie et séquentielle ne devrait pas être l’exclusivité de la lecture de romans mais qu’elle a un rôle également dans la structuration de la pensée savante (sur cette nouvelle convergence des missions des bibliothèques publiques et universitaires, voir le billet de Laure Endrizzi sur Urfist-info du 12.07.2006). Sur ce dernier point, je reconnais qu’il y a là de l’hypothèse et de la conviction et peut-être une méconnaissance ou une sous-estimation des voies alternatives.


2 Responses to “Dominique Lahary”

  1. 1 Dominique Lahary

    Bonjour
    Je découvre tardivement votre billet, pardonnez-moi. Si je suis prudent sur les bibliothèques universitaires, c’est que je n’y ai jamais travaillé. Mais je suis intimement persuadé que ce que j’appelle la lecture » séquentielle concerne également « la structuration de la pensée savante « , comme vous dites. Je l’avais écrit dans mon article « Le multimédia et les bibliothécaires : une histoire de mots » paru dans le « Bulletin d’informations de l’ABF » n°.186, 1er trimestre 2000 :

    « Le multimédia est souvent assimilé à tort à du zapping. Zapper, c’est passer du coq à l’âne. Cliquer sur un hyperlien, c’est passer du coq à la poule, ou au clocher, ou au coq au vin.

    Reste que ce cheminement a une conséquence intellectuelle considérable : il n’y a pas d’ordre imposé (principe de non linéarité), mais saut d’étape en étape, chacune constituant un bloc d’informations juxtaposées. Cette structure, qui connaîtra peut-être des évolutions, s’oppose en tout cas à ce qu’on pourrait appeler la séquence narrative, qui impose qu’on la suive dans l’ordre et intégralement, du début à la fin.

    […]

    Si ce mode de lecture devait se généraliser, les dégâts intellectuels et culturels seraient évidemment considérables. La séquence narrative est en effet irremplaçable dans le domaine de l’art (un conte, une pièce de théâtre, une symphonie, un film de fiction, un poème épique, un roman) comme dans celui de la pensée. L’exposé scientifique ou le raisonnement philosophique commandent eux aussi que l’auditeur ou le lecteur suivent un fil qui leur est imposé. S’il n’y avait d’informations qu’en bloc et de parcours que libre, alors ce serait, oui, une défaite de la pensée, de la civilisation.

    Nous n’en sommes pas là, et Internet permet même de copier et d’imprimer des séquences longues, notamment des textes, ce qui n’a plus rien à voir avec le multimédia, puisque ce n’est pas seulement un système de lecture, mais aussi un dispositif de diffusion de documents. »


  1. 1 L’avenir du livre papier et des bibliothèques: une mise à jour. « mrg | lettrure(s)

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