Hathi Trust: l’éléphant Google Books apprivoisé? (complément)

14Oct08

Tout à l’heure Olivier Ertzscheid fait un examen de l’Hathi Trust beaucoup plus complet que ne faisait ma note du matin sur Urfist Info. Je viens d’y déposer ce commentaire (abrégé):

– « le choix de l’éléphant comme logo n’est pas neutre »: sous-entendrais-tu que les bibliothèques de l’Hathi Trust roulent pour le GOP et McCain? Ce serait très étonnant😉 <complément>Sur le site du Trust le choix de l’éléphant (hathi est le nom de l’éléphant en hindi) est justifié ainsi: « like the elephant for which it is named, we expect that it will prove able to carry and deliver valuable resources with grace and reliability. », « avec grâce et fiabilité »!</complément>

– Plus sérieusement, tu parles de l’HathiTrust comme d’une alternative à Google Books. Ce qui me semble intéressant, c’est qu’il est bien plutôt (au moins dans le court/moyen terme) un complément (et une appropriation) de GB. <complément>Je ne peux m’empêcher d’y voir une leçon de pragmatisme: alors que de ce côté-ci de l’atlantique, et particulièrement dans notre hexagone, les limites et les dangers de l’entreprise de numérisation de Google est le prétexte à mouvement de manches, à publication de pamphlets et à polémiques idéologiques, ainsi qu’à lancement d' »alternatives » qui peinent à trouver les financements (publics) à hauteur de leurs ambitions, les bibliothécaires américains y répondent concrètement:

– Google est une entreprise privée et n’offre aucune garantie de conservation du patrimoine numérisé? Et bien, on crée un réservoir qui offrira cette garantie;
– La description des ressources est sommaire? pas de bibliothécaire dans les équipes de Google pour faire une véritable indexation bibliographique? Et bien, ce travail on va le faire, pas chez Google, chez nous.</complément>

– Une dernière chose qui me ravit à propos de l’Hathi Trust, c’est l’ordre des priorités (un ordre pour lequel j’ai plaidé à droite (ABF 2006) et à gauche (BMVR 2007): Hathi Trust n’est pas encore, faute d’interface (à venir), une bibliothèque numérique, c’est d’abord un réservoir (depository) de données. Dans l’ordre des priorités l’interface vient en dernier, après 1. la préservation et 2. l’équipement en métadonnées. <complément>Ce n’est apparemment pas l’ordre suivi par les « alternatives » nationale ou européennes à GB. Dans le cas du HT, la raison d’être de cette priorité apparaît avec assez d’évidence si l’on considère le problème des droits d’accès: 16% seulement du contenu est dans le domaine public, pour le reste on peut supposer que le plein texte numérisé ne sera accessible que dans les institutions possédant le document original et que les usagers ayant accès à ce plein texte y accèderont plutôt depuis l’interface mise en place par leur institution, qui viendra puiser dans le réservoir, sécure et bien équipé, de l’HT (voir par exemple Mirlyn à l’université du Michigan).</complément>

(Après le saut, pour mémoire, mon billet sur Urfist Info.)

http://urfistinfo.blogs.com/urfist_info/2008/10/hathi-trust-llp.html

Dans le Chronicle d’aujourd’hui, la présentation d’HathiTrust, dépôt de mise en commun des numérisations de Google Books:

Un groupe de très grandes universités a discrètement travaillé ces deux dernières années à bâtir la plus grande collection de livres en ligne jamais rassemblée par la mise en commun des millions de volumes que Google a scannés dans le cadre de son partenariat avec des bibliothèques universitaires.

Une des plus importantes fonctions du projet, disent ses responsables, qui projettent de dévoiler la bibliothèque géante aujourd’hui [13 oct.], est de créer une sauvegarde stable des livres numériques au cas où Google ferait faillitte ou se désintéresserait de la recherche de livres.

(University Libraries in Google Project to Offer Backup Digital Library / Jeffrey R. Young)

Hathi_logo_2Hathi Trust rassemble plus de 2 millions de volumes aujourd’hui, dont seulement 16% sont dans le domaine public (soit plus de 330 000 volumes – à comparer tout de même aux 65 000 monographies de Gallica, bien que Hathi Trust ne semble pas présenter d’interface de consultation).

Un des aspects les plus intéressants est que le projet prend en charge les questions de description bibliographique / métadonnées, un des points faibles les plus criants de Google Book. Toutes précisions ici.



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