Flickr (varia)

21Fév08


Signature de l’accord Elsevier
Originally uploaded by marlèned

  • Flickr2RDT / The Web KANZAKI: Gautier Poupeau me signale cette utilisation de l’API de Flickr pour extraire les métadonnées d’une photographie de Flickr en format rdf et les présenter sur une page web dédiée. L’extraction se fait depuis la page Flickr de la photographie à l’aide d’une bookmarklette. Comme l’extraction se fait depuis l’image individuelle, ce n’est évidemment pas une réponse au souci qui motive les billets précédents mais c’est très joli. Exemple ici.
  • Comme le note également Got, c’est pas tout d’avoir du RDF, encore faut-il savoir l’exploiter. C’est vrai également du RDF extrait par Zotero (exemple sur la même photographie: Zotero RDF).
  • Bel exemple d’utilisation de Flickr indiqué en commentaire au billet précédent par Patrick Peccatte (dont je découvre à l’occasion le blogue tout neuf, très actif et qui paraît une mine d’informations sur les questions agitées avec un peu de dilettantisme ici – voir aussi son site professionnel, Soft Experience, présentant des produits spécifiquement destinés à la gestion des images, de leurs métadonnées et des échanges d’icelles): le projet PhotosNormandie pour le Conseil Régional de Basse-Normandie.
    Ici Flickr est utilisé pour récolter des métadonnées qui sont ensuite retraitées par un administrateur, injectées, en format IPTC, dans les photographies originales lesquelles sont ensuite republiées sur Flickr. Tous les détails dans le descriptif du projet.
  • La Bibliothèque du Congrès apparemment se fie à la folksonomie de Flickr sans retour sur les originaux:

    We placed only one tag (« Library of Congress ») and two machine tags on each photo when we loaded them. Any other tags you see were added by the community; we are generally not controlling the content of Flickr tags, notes and comments. The identifying information is also appreciated–many of our old photos came to us with very little description.

    Et ça marche!
    Dans ce cas, Flickr sert d’outil de publication et la folksonomie ne joue que dans ce cadre (encore que j’ai un peu de mal à croire qu’il n’y ait pas de récupération…), la LOC gérant ses propres métadonnées en amont (qui sans doute servent à composer les légendes).
    De toutes façons, on peut penser que la LOC ne redoute pas plus que ça la prise de contrôle de Flickr par Microsoft!

  • Marlène, enfin, vient de mettre sur Flickr les photographies historiques de la signature du premier accord Couperin / Elsevier, le 30 juin 1999 (eh oui, le siècle dernier!), à Strasbourg. Voir l’illustration de ce billet, que je me suis amusé à folksonomiser.

Commentaires

  • Jean-Michel Salaün applique à mon cas le concept marxiste d' »accumulation primitive » et parle d' »expropriation du producteur immédiat ». L’application est intéressante (voir en particulier ce que dit JMS de la constitution des bibliothèques où il montre un exemple ancien de perméabilité privé/public) mais elle risque d’avoir un effet réducteur si l’on oublie que le « travail » ni la « propriété » dont on parle ici ne sont à proprement parler travail ni propriété et par là de minorer les spécificités de la situation. De même l’analogie minore (comme dans l’original) le rôle particulier de l’innovation et de l’inventivité technologique (premières dans toute cette histoire). (Développements complémentaires après le saut.)
  • Hubert Guillaud commente le billet de JMS:

    il faut aussi regarder les services offerts dans leur entiéreté. Leurs complémentarités et les interfaces de programmations proposées. Bien sûr c’est plus technique (pour l’instant), mais ça montre qu’on est parfois plus piégé par les limites de nos pratiques que par les services eux-mêmes.

    Okay pour la leçon de prudence mais au-delà pas trop d’accord: la question n’est pas tant des limites techniques, du côté du service ou du côté de l’utilisateur que « politique »: Flickr pourrait très bien offrir une interface d’export utilisable par n’importe quel utilisateur, aussi nul soit-il (comme le font, plus ou moins bien, la plupart des applications 2.0 que j’utilise). S’il ne le fait pas, c’est pour des raisons commerciales (qui se comprennent d’ailleurs: les métadonnées documentant mes photographies doivent au moins autant à l’interface de Flickr qu’à mon « travail ». Reste que tel qu’il est, l’outil est bridé.)
    A dire vrai, mon souci ici n’est pas tant de « mes » métadonnées (j’avoue avoir un peu surjoué mon angoisse pour les besoins de la démonstration) que celui de l’User Generated Content en général et de l’avenir des folksonomies.
    Pour continuer sur la ligne optimiste évoquée dans mon billet précédent (« maturation ») et relayée par JMS (« prise de conscience »), il y a peut-être là l’occasion d’une « démocratisation » de la notion de métadonnées et du soin consacré à ces dernières, démocratisation qui passe par le développement d’outils grand public (relativement) de gestion des métadonnées dans un contexte d’utilisation non professionnelle (privée ou semi-professionnelle). On aurait alors là, peut-être, un pont entre les pratiques folksonomiques et les pratiques « ontologiques » et les moyens d’une association plus étroite entre ces lignes de développement vers le web 3.0. (Je rêve, sans doute.)

Accumulation primitive, « travail » et « propriété » (précisions)

Autant l’expression « accumulation primitive », si elle est prise métaphoriquement et à quelque distance de sa signification dans le cadre marxiste, me semble bien venue (avec en particulier l’idée que l' »affaire Flickr » ou d’autres comme ce qui s’est agité à propos de l’exportation des données générées sous FaceBook par exemple, peuvent être le signe d’une nouvelle étape, une « maturation » disais-je), autant « expropriation du producteur immédiat » appelle des précisions et des nuances (souhaitées d’ailleurs par JMS), portant (derrière « expropriation » et « producteur ») sur les notions de « travail » et de « propriété ». Le soin que je mets à renseigner mes photographies personnelles ne relève pas à proprement parler de la catégorie « travail » mais plutôt de la catégorie « jeu », lusus serius certes, dans le meilleur des cas, à quoi attribuer une valeur d’usage qui ne me soit pas strictement personnelle mais pas immédiatement de valeur d’échange. Lorsque je tague mes albums stambouliotes, je ne vends pas mon temps de travail à Flickr. De même quant à la propriété, d’un point de vue strictement légal « they are flickr’s tags », et d’ailleurs en amont de la documentation de mes photographies il y a autant l’infrastructure proposée par Flickr que le temps que je mets à l’utiliser (on pourra sans doute reconnaître la dualité marxienne entre producteurs et moyens de production mais il y manque salaire et contrainte, travail, quoi, pour y reconnaître l’usine).

De même, lorsque JMS écrit:

Dans [le] versant commercial [du web 2.0], il y a, à l’évidence, une appropriation du travail d’autrui.

il y a quelque chose qui me gêne. Pas tant dans ce qui est directement signifié (aux restrictions concernant « travail » près) que quant à la connotation. Je pourrais tout aussi justement dire que lorsque j’utilise un service 2.0 gratuit je m’approprie le travail d’autrui.

Il n’y a donc pas vraiment d’expropriation mais rupture de confiance et retrait volontaire de la part de l’utilisateur (qui, si je ne me trompe pas, a la possibilité de détruire ses photos et leurs métadonnées – ou du moins d’en détruire l’accès, ce qui n’est apparemment pas le cas avec Facebook).

Ces précisions non pour pinailler mais pour remettre en évidence cette zone grise entre personnel et collectif, entre jeu et travail, cette perméabilité caractéristique du web 2.0 et que montre bien la diversité des utilisations de Flickr listées en début de billet.



4 Responses to “Flickr (varia)”

  1. 1 JM Salaun

    Salut Michel,

    Je suis d’accord avec les nuances que tu apportes.

    Je crois que le retour à Marx est utile car il permet de démystifier des naïvetés sur le Web 2.0 en pointant le fait qu’il y a souvent, je maintiens le terme, appropriation, mais j’aurais du dire du « produit » du travail ou simplement de l’activité d’autrui. Mais tout cela mériterait des analyses plus fines.

    Les pistes pour avancer me pourraient être : 1) en effet dans le rôle de l’Innovation et de l’entrepreneur (Schumpeter) ; 2) dans l’économie des services avec la notion de coproduction (ou servuction) entre le consommateur et le producteur ( Eiglier et Langeard ou Gadrey) ; 3) dans la bibliothéconomie avec la mutualisation et le partage, comme esquissé dans le billet.

  2. Michel, tu peux continuer ta folksonomisation avec les 2 personnes de droite sur la photo, qui sont dans l’ordre de gauche à droite :
    B. Ehresmann (VP recherche ULP)
    L. Wiernik (Elsevier)

    Amuse toi bien !!!

  3. Pour faire des backups en RDF des photos de flickr il y a aussi
    http://search.cpan.org/dist/Net-Flickr-RDF/


  1. 1 Blogs and RSS » Flickr (varia) bibliothcaire ?

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