State of the blogosphere (suite): connections

18Nov06

Francis Pisani répond à mon commentaire:

@ Michel Roland : le point est très intéressant. Je me demande cependant si on a raison de s’en tenir aux hyperliens. Les blogs qui ne sont pas “reliés ” à d’autres, peuvent avoir, néanmoins de très forts liens avec leurs lecteurs (souvent beaucoup plus forts que les autres). Un beau sujet de réflexion.
J’aime ce genre de chiffres parce qu’on sait qu’ils sont faux. Ils obligent donc à réfléchir. Ils sont faux, mais ce sont ceux dont nous disposons. Il s’agit donc, comme le dit Yesterday Demain, d’indications.
Demain nous en aurons de meilleurs et nous aurions tort d’en attendre de parfaits (s’ils existent) pour essayer de comprendre.
Tout cela nous pousse à une pensée mouvante et en nuances… pas si mal.

Sur le premier point, FP insiste (et je pense que c’était le fond du passage discuté de son billet) sur l’impact social des blogues, de cette grande masse des blogues (les 98%) qui ne sont pas analysés par Technorati. Et il a sans doute raison (encore qu’il serait intéressant d’avoir des éléments factuels plus nombreux à ce sujet). Reste qu’au delà du phénomène social que constituent les blogues, la réalité distincte et particulière de la blogosphère repose sur l’interconnection forte des blogues. Ce pourquoi je suggérais de distinguer l’analyse sociologique du phénomène blogue de l’analyse de la blogosphère en tant que telle. La vie des blogues, ce peut être massivement une vie faite de liens hors de la blogosphère, la vie de la blogosphère, en tant que telle, est faite, me semble-t-il, des interconnexions que sont les hyperliens.

De ce point de vue, je découvre ce matin une expérience intéressante, Blogospherus, qui a démarré jeudi sur le blogue de Thierry Crouzet et dont l’objectif est de répondre à la question: « La blogosphère est-elle réelle? » (qui se décline aussi en: « La blogosphère a-t-elle pour seule demeure Technorati? »)? Il s’agit de suivre un développement viral sur la blogosphère francophone à partir d’un premier billet unique, sans relais publicitaire (le présent billet participe donc au test). Il est intéressant de noter que le test fonctionne à l’aide de la technologie trackback dont la mort était annoncée en septembre dernier à la suite de la désactivation du trackback automatique sur TypePad (voir le billet de Joël Ronez qui soulignait bien l’enjeu quant au métabolisme de la blogosphère). L’expérience Blogospherus devrait donner lieu à une cartographie de la blogosphère (francophone dans l’esprit des initiateurs mais le virus est très vite passé en Espagne et de là aux US) à partir de cette propagation pyramidale.

Sur le second point de la remarque de Francis Pisani, je ne pense pas qu’il soit juste de dire, à partir de la discussion de la méthode, que les chiffres du rapport Siffry sont faux (ils le sont peut-être mais c’est une autre histoire). Ce qui peut être faux, en l’espèce, c’est l’interprétation qu’on en donne. Là encore, il s’agit d’une question classique s’agissant des statistiques et de leur interprétation (voir la discussion du rapport Ipsos chez Emmanuel Parody). L’important, avant toute interprétation, est de savoir ce qui, exactement, a été compté. L’embêtant est que ce n’est pas toujours clair.

(Pour mémoire, dans les commentaires au billet de FP, Pierre X. rectifie la définition donnée du PageRank par FP: le rang d’une page ne dépend pas du trafic du site liant. C’est-à-dire que la méthode PageRank ressemble à l’algorithme que je disais illisible dans ma remarque à la suggestion de FP! Il était temps que je m’informe, soit dit en passant! Du coup la suggestion de FP tombe à l’eau ou du moins devrait être reformulée – dans l’idée d’analyser la partie peu interconnectée de la blogosphère, le trafic devient une donnée quantitative nécessaire.)



2 Responses to “State of the blogosphere (suite): connections”

  1. 1 tcrouzet

    En fait, ce n’est même pas parti d’un billet mais d’un commentaire d’un lecteur anonyme. Cette expérience sera un bon moyen de savoir si quelqu’un peut rapidement se faire connaître sur le web.

  2. 2 Leto2

    Par pitité pour vos lecteurs, justifiez vos textes ! En tant que bibliothécaire, vous devriez pourtant être sensible à ce genre de choses …


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