Bibliothèques numériques (3): les réservoirs documentaires dans leurs paysages

27Juil06

Dernière version de ce billet dans les articles.

Tout projet de bibliothèque numérique devrait tenir compte du paysage dans lequel il s’insère et l’inscrire dans une perspective « urbanistique ».

On peut dire, en simplifiant, que les projets de système d’information ont le choix entre deux types de modèles:
– une conception autocentrée de type ingénieurale où le système d’information est pensé sur le modèle de réalisation technologique très sophistiquée et très intégrée comme une navette spatiale ou un TGV;
– une conception de type urbanistique où le système d’information est pensé, sur le modèle d’une ville, comme un ensemble de modules possédant chacun un certain niveau d’autonomie et un « culture » particulière, le travail de l’urbaniste est alors de veiller à l’up-to-date-ness de ces modules, à leur complétude mais surtout aux flux, à leur interopérabilité au service des objectifs globaux du système d’information auquel il appartient.

Le second modèle convient particulièrement aux systèmes d’information complexes, intégrant des fonctions (des cultures, des publics…) diverses et un patrimoine informatique existant important qu’il serait coûteux de remplacer globalement (comme le sont nos SI universitaires). La nature des projets de bibliothèques numériques justifie sans doute que ce soit le modèle ingénieurial qui est plutôt suivi (mais on remarquera tout de même que le projet BNE intègre Gallica).

Cependant par rapport à leur environnement les bibliothèques numériques fonctionneront comme des modules de systèmes d’information complexes, existant ou à venir. Plus: pour les raisons que nous avons évoqué ci-dessus et pour des raisons structurelles, l’interfaçage propre des bibliothèques numériques devrait connaître une obsolescence beaucoup plus rapide que l’utilité des documents eux-mêmes.

Dans ces conditions, les projets de bibliothèques numériques devraient se penser, au moins autant que comme la version numérique des grandes bibliothèques traditionnelles, que comme des réservoirs documentaires, au même titre que les dépôts institutionnels et les archives ouvertes (CCSD), les bases de périodiques commerciaux (Science Direct, Jstor…) ou alternatifs (revues.org, Persée…), et dans le voisinage fonctionnel des réservoirs de données non documentaires. Ce qui signifie porter une attention prioritaire aux flux: métadonnées, standards, interopérabilité.



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