France Culture: Revues scientifiques sur la sellette : le modèle alternatif du libre accès

11Fév06

Troisième émission à France-Culture sur la crise des revues scientifiques, sur la lancée du scandale Hwang:
– le 21 janvier dernier, dans Science-Frictions, de Michel Alberganti: Les revues scientifiques sont-elles encore crédibles?
– le 27, dans Science-Culture, de Julie Clarini: Fraude sur le clonage humain en Corée : quel avenir pour la recherche en France?
et donc, ce vendredi soir, dans Science-Culture: Revues scientifiques sur la sellette : le modèle alternatif du libre accès.

Il y a plein de choses passionnantes dans cette émission qu’il faut écouter tant qu’elle est en ligne mais je n’ai pu m’empêcher d’éprouver une certaine déception voire un malaise. D’abord une certaine confusion, beaucoup d’aspects étaient évoqués mais de manière qui ne clarifiaient pas les choses, me semble-t-il, pour un auditeur pas spécialement informé (confusion par exemple entre open source et open access, entre la littérature de recherche et la littérature de vulgarisation dont les conditions économiques de production sont toutes différentes, entre le modèle « revue en accès libre » et le modèle pré- et postpublications…). Pour l’auditeur spécialement informé, l’émission n’apportait pas grand chose de neuf, sur la question de la validation par exemple à la différence des émissions précédentes, Science Frictions en particulier.

Deux points me semblent aller au-delà de la confusion:

– laisser entendre que l’unique ressource d’accès aux ressources électroniques pour la recherche en France est l’Inist et en particulier laisser entendre que le CNRS/Inist est le principal voire le seul financeur de la documentation électronique commerciale des chercheurs ne me semble pas très honnête, d’autant moins que depuis plus d’un an le CNRS et Couperin se sont associés pour négocier avec les gros éditeurs (Elsevier) et que les parts respectives des universités et des organismes de recherche sont parfaitement connues du CNRS.

– laisser dire que la France et l’Allemagne sont à la pointe du mouvement pour l’accès libre tandis que les anglo-saxons, ie la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, traineraient des pieds, comme l’a proposé Julie Clarini et comme ça n’a été que mollement nuancé, c’est laisser dire une contre-vérité un peu époustouflante. Depuis Arxiv jusqu’aujourd’hui (en passant par OAI et le BOAI de Soros, etc., Peter Suber à Earlham, Indiana, Stevan Harnad à Southampton…), ce sont les anglo-saxons qui ont défriché la voie pour l’accès libre. S’il est vrai que les initiatives américaines et britanniques les plus radicales, qui visent à faire entrer dans les législations nationales le principe : « à financement public, accès public » se sont heurtées à la contre-offensive du lobby des détenteurs de copyright (derniers développements), la France n’a aucune leçon à donner en matière de liberté d’accès (cf. les exceptions à la directive européenne). Mais il semble que nous tenions tellement au scénario manichéen qui nous campe seuls ou presque contre l’empire du mal anglo-saxon, que la réalité prend une importance franchement secondaire (à propos de manichéisme, dire d’Elsevier que c’est une société américaine n’est pas exact, Reed-Elsevier est une multinationale hollando-britannico-américaine, et Springer, si la société est contrôlé par un investisseur britannique, conserve un management largement germano-hollandais).

Une avancée décisive française sur le terrain de l’accès libre, ce pourrait être la mise en oeuvre de l’accord CPU / organismes de recherches pour le pilotage national de l’archivage ouvert, du moins si l’on en croit Stevan Harnad: « If it succeeds, it will be an enormous coup for France, and a terrific direction-setter for the rest of the world »! Accord annoncé dès septembre dernier par Laurent Romary et dont la signature se fait attendre (il est vrai que le CNRS pouvait avoir d’autres préoccupations en ce début d’année). Il se trouve que Laurent Romary était annoncé comme participant à l’émission de Science Culture mais que ce soir il manquait.



One Response to “France Culture: Revues scientifiques sur la sellette : le modèle alternatif du libre accès”


  1. 1 Fiabilité du circuit traditionnel de publication scientifique (médicale ?) « bibliothécaire

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