Flickr Backup (2)

flickr-version-microsoft
Originally uploaded by bibliothecaire
(pris chez www.buzzleclair.com/flickr-version-microsoft/)
Aiguillonné par le commentaire de Gautier Poupeau au billet précédent, et conscient de mon lamentablement bas niveau de geekitude, j’ai essayé, l’autre vendredi soir (divers incidents dont un – petit – accident de moto et des formations toulousaines ont retardé la finalisation de ce billet outre le raisonnable), de trouver le “logiciel prêt à l’emploi” dont Gautier disait qu’il n’imaginait pas qu’il puisse ne pas exister.
Le résultat est à demi frustrant: si j’ai bien pu repérer, non sans mal, quelques applications permettant de synchroniser les métadonnées de Flickr avec mon disque dur, ces applications ne tournent pas sous Mac OS et je ne peux pas les tester tout de suite.
J’ai pu au passage essayer de me servir de Zotero – qui me permet d’exporter en fichier externe les métadonnées de Flickr mais page par page, et dans un format pas idéal.
L’expérience a été l’occasion de faire le point sur les métadonnées liées aux photographies et de réfléchir sur l’état actuel de la “production de contenu par les utilisateurs”.
Détails après le saut.
Résumé des épisodes précédents:
Si Flickr est l’application reine pour gérer et partager ses photographies en ligne, elle présente l’inconvénient majeur de ne pas permettre une sauvegarde/export globale des données, alors même que tirer parti de ses épatantes fonctionnalités implique de passer pas mal de temps (rentable) à y ajouter des métadonnées. La perspective d’un achat de Yahoo! donc de Flickr par Microsoft rend le problème urgent.
Les solutions existent pour exporter les images elles-mêmes facilement, pour ceux qui n’auraient pas pris la précaution de conserver leurs originaux après export sur Flickr (pas nombreux je suppose) mais le problème principal demeure: comment sauvegarder les métadonnées que j’ai ajoutées à mes photographies. Gautier Poupeau indique deux solutions qui ne sont malheureusement accessibles qu’aux happy few qui parlent le perl ou le C. Quid pour les non-geeks?
“But they are not my tags. They are flickr’s tags.”
Mes résultats sont, je dois l’avouer, modestes. Une recherche “Flickr export metadata” donne essentiellement des outils permettant d’exporter images et métadonnées VERS Flickr depuis d’autres applications (iPhoto, Aperture, LightRoom…), le symétrique, à savoir l’outil grand public qui permettrait d’exporter ses (méta)données DEPUIS Flickr vers d’autres applications semble plus difficile à trouver.
Il y a une raison simple à cela: l’utilisation de l’API de Flickr est conditionnée par la fourniture par Flickr de codes (key & secret) qui n’est libre que pour les applications non commerciales et soumise à accord préalable pour les applications commerciales. Dans ces conditions, si Flickr fournit ces codes volontiers aux applis qui proposent des sous-produits (et contribuent ainsi à la popularité de Flickr), ils sont refusés à celles qui lui sont concurrentes (et pourraient dans le présent contexte constituer une alternative). Le refus d’API à Zooomr a fait l’objet d’un échange sur Flickr Central entre le co-fondateur de Flickr, Stewart Butterfield, et Thomas Hawk, pdg de Zooomr, article commenté sur SitePoint par Kevin Yank qui en souligne bien les enjeux.
les solutions existantes
scripts
Les 2 scripts indiqués par Got:
plus:
- En Python: Offlickr / Hugo Haas, http://larve.net/people/hugo/2005/12/offlickr/
- En PHP: un script concocté par nicomo lui a causé quelques petits soucis mais il semble fonctionner.
prêts à l’emploi
(parce que j’en ai tout de même trouvés mais pas sous Mac OS – et donc pas eu le temps de les essayer)
- FlickrMetadataSynchr / Erwyn Van Der Meer (sous Windows XP et Vista)
- FlickrSync (sous Windows XP SP2 ou plus récent)
- flickrdownload / Brian Masney (sous Linux – je suppose que c’est l’outil à quoi Got fait allusion dans son commentaire, d’après le développeur devrait tourner sans problèmes sous Windows mais pas testé)
Zotero
Parallèlement à ces recherches un peu frustrantes m’est venue l’idée d’utiliser Zotero (puisque qu’il permet d’extraire par lots des métadonnées de pages web). C’est simple et ça marche assez bien. L’inconvénient, c’est que je ne peux extraire qu’à partir de pages web affichées et donc que je dois parcourir mes photographies page par page, ce qui est assez long et ennuyeux. Une possibilité facile en tous cas pour les ensembles les plus travaillés.
Exemples d’exportation (set Istanbul: At Meydanı):
La règle d’or?
Si la solution idéale n’existe pas, pour moi (non-geek et travaillant sur Mac), du moins des solutions existent. Cependant on peut se demander si tout ça n’a pas été pris à l’envers et si au lieu de se demander comment extraire ses métadonnées de Flickr, il n’aurait pas mieux valu commencer par documenter ses photos avant de les envoyer sur une plateforme de partage. Et du coup de conserver les métadonnées dans les images mêmes et non dans un fichier externe.
C’est le sens de la règle d’or posée par Erwyn Van Der Meer (l’auteur de l’outil Flickr Metadata Synchr, listé plus haut) dans un article où il fait un point très clair et synthétique sur les formats et la façon dont Flickr les utilise (ou pas):
“Store the metadata in your images!”
De quelles métadonnées parle-t-on?
- celles enregistrées par l’appareil (digital) au moment où la photographie est prise (informations techniques); format de référence: EXIF
- celles ajoutées manuellement (en particulier les mots-clés / tags); formats: IPTC (plus) et XMP(plus), le second plus récent et traitant l’unicode.
(précisions ICI.)
Le problème, s’agissant de Flickr, c’est qu’il n’importe que l’EXIF et l’IPTC. D’où la stratégie développée dans l’article d’EVDM, du point de vue Windows (uniquement et malheureusement). Sur Mac les mots-clefs ajoutés (difficilement) sur iPhoto ne sont pas reconnus par Flickr mais on peut utiliser PictureSync qui, à premier essai, fonctionne assez bien. Reste que l’interface de Flickr est un formidable outil pour documenter ses photos, que c’est même un de ses principaux attraits et que dans ces conditions, se contenter d’ajouter des mots-clefs en amont n’est certainement pas une solution définitivement satisfaisante.
On est ainsi renvoyé aux outils de synchronisation listés plus haut.
Epilogue: “user generated content”, oui mais…
Au-delà du souci que je peux me faire sur l’avenir de mes collections organisées et renseignées dans Flickr, cette question me semble significative quant à l’état actuel du web et des évolutions envisageables.
Flickr est une application phare du Web 2.0, en particulier parce qu’elle pousse l’utilisateur de base à enrichir ses contenus de métadonnées et à les rendre ainsi accessible à la communauté. Dans un premier temps nous (utilisateurs de base) l’avons fait sans arrière-pensée: on commence avec quelques photos, on met des étiquettes pour les retrouver facilement, aussi pour jouer avec l’outil et puis on est tellement content de l’interface qu’on met de plus en plus de photos, qu’on met à peu près toutes ses photos dans Flickr et on les tague, les organise d’autant plus facilement qu’on dispose d’outils épatants pour ce faire (l’organizer et puis la World Map), on continue sur la lancée jusqu’à ce qu’on se trouve avec des milliers de photographies et des dizaines d’heures de travail dans l’équipement documentaire dedites sans moyen de rapatrier ce travail chez soi au moment où le partenaire à qui on l’avait confié change de mains et menace de changer de politique. Et on se retrouve ainsi avec le désagréable soupçon d’avoir été piégé.
Un tel sentiment peut doucher les enthousiasmes “Web 2.0″: “The Web is us“, certes; “the Web is using us”, on veut bien, on n’est pas chien, mais “the Web is abusing us”?!? Et si le cas Flickr illustrait un moment de maturation où les utilisateurs 2.0, prosumers et users generating content que nous sommes se mettent à chercher des garanties? Comme l’écrit Kevin Yank dans l’article l’article cité plus haut:
It’s not fairness to its competitors that Flickr should be concerned with: it’s fairness to its users.
(Aux dernières nouvelles la tentative d’achat de Yahoo par Microsoft tourne à la partie de poker. Il est cependant à noter que le problème traité ici, si la cote d’antipathie de MS le rend brûlant, s’est trouvé posé dès l’achat de Flickr par Yahoo. Voir un cas de censure alléguée en juin dernier – plus de détails ici – ou plus subtilement les modifications de la gestion de services tiers consécutifs à l’achat par Yahoo.)
Filed under: Flickr, Zotero, commentaires etc., howto, web_2.0, évaluations | 4 Comments
Tags: folksonomy, Flickr, Microsoft, métadonnées, web, metadata, Zotero, Yahoo
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cited byMéta
Bonjour,
Pour notre projet PhotosNormandie, actif sur Flickr depuis plus d’un an, nous utilisons différents champs IPTC/IIM parfaitement décodés par Flickr.
Le projet est décrit ici en détail:
http://flickr.com/people/photosnormandie/
Les photos sont ici:
http://flickr.com/photos/photosnormandie/
Bien cordialement
Effectivement flickr devrait tagger nos photos en IPTC ou exif, comme ça quand on les retélécharge on a une version taggée avec toutes nos données.
Pour info sous linux, il y a un logiciel nommé digikam, qui est excellent, intuitif et convivial pour gérer ses photos et les tagger en IPTC, et qui présente l’avantage d’être libre. Libre, même si on est pas geek, ça a du sens. On le voit bien avec les problèmes soulevés par l’éventuel rachat de yahoo par microsoft.
Un logiciel libre garantira systématiquement que l’on reste maitre à bord, que nos données restent à nous et qu’on trouvera toujours un moyen de les récupérer.
@ Sébastien: je ne suis pas d’accord; ce qui compte c’est que les données soient stockées selon véritable standard, ouvert et publié, garantissant l’interopérabilité, et soutenu par une organisation majeure. C’est le cas (à peu près, je ne rentre pas dans les détails), de l’IPTC/IIM. L’accès aux données peut alors être réalisé par un logiciel libre ou non, peu importe.