Avec près d’un an de retard je découvre la définition la plus courte, et la plus brillante, du web 2.0. Elle est de Christian Fauré:
Une application Web 2.0 est un formulaire de saisie en ligne proposant des services adossés aux contenus saisis par les particuliers.
(Avec ça et le clip, brillantissime idem, de M. Wesch (qui explique en gros que le Web 2.0, c’est la gestion de contenu, ce qui revient presque au même), je sais comment commencer mes formations « Web 2.0″!)
Via l’article (récent celui-là) de CF: Comment nettoyer les écuries d’Augias? qui fait comme un commentaire développé et pratique de cette définition.
Résumé de l’argumentation:
- (dans l’entreprise) le résultat du traitement (et de la présentation) des données est le plus souvent décevant à cause de la mauvaise qualité des données;
- or la maintenance de la qualité des données est une tâche ingrate dont personne ne se charge volontiers, c’est particulièrement vrai de la saisie des données;
- cette (mauvaise) situation est renforcée du fait que dans le milieu dissocié (Bernard Stiegler) de l’entreprise les producteurs de données ne sont pas ceux qui les utilisent;
- sur le web 2.0 au contraire le premier utilisateur des données est celui qui les a saisies (cf. la définition), il est donc directement intéressé à leur qualité;
- l’entreprise, pour améliorer la qualité de ses données, doit s’inspirer des pratiques du web 2.0.
(En somme Christian Fauré conseille aux entreprises de suivre la voie suivie par EPrints dans le domaine académique.)
Reste que transformer le « milieu dissocié » de l’entreprise en « milieu associé » à l’instar du web 2.0 n’est pas à la portée d’une simple décision managériale, cela suppose que la division entre « petites mains » et cadres ou « décideurs » devienne obsolète, ce qui pose à la fois des problèmes pratiques (placement des compétences) et psycho- socio- idéologiques (indexation savoir-pouvoir-statut) et donc suppose une stratégie de longue haleine. Transposons la question au domaine académique et nous verrons que l’accord est loin d’être acquis sur une telle stratégie: nombreux restent ceux qui considèrent que la solution aux problèmes posés par la complexité des méta-données associées aux différents dépôts académiques (archives ouvertes, thèses, ressources pédagogiques…) est d’en confier la saisie aux bibliothécaires-documentalistes (et nombreux parmi ceux-ci y adhèrent, qui voient là la sauvegarde de leur position professionnelle).
Je ne peux m’empêcher de citer l’anecdote qui finit ce billet:
Il y de cela plusieurs années, j’avais préparé un argumentaire pour le DSI d’une très grande entreprise qui devait aller soutenir devant son comité de direction la généralisation du SSO (Single Sign On : on s’identifie une seule fois quand on accède au système d’information et non pas à chaque connexion à une application). Dépité, le DSI m’appelle le lendemain en me disant que le comité de direction n’avait pas trouvé opportun le projet car “si les salariés devaient re-saisir leur identifiant et leur mot passe plusieurs fois par jour ce n’était pas un problème, puisqu’ils étaient payés pour cela ! “.
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Comment nettoyer les écuries d’Augias ? (extraits)
“C’est parce que la qualité des données auxquelles accèdent ces nouveaux systèmes est généralement médiocre. Seulement 16 % des entreprises ont accordé une importance à la qualité des données dans leurs intiatives de gestion des données, selon une étude d’Accenture. Surprenant est le taux de 29% qui admettent avoir fait des efforts minimes pour s’assurer que leurs donnés étaient correctes.“
“La morale de cette histoire est qu’il faut trouver des solutions qui motivent les utilisateurs à assainir les données (…). Mais ils ont besoin d’une visibilité et d’une raison de s’y intéresser pour que cela arrive.”
Si le Web 2.0 à donné envie à tant d’utilisateurs de saisir des informations (dans un blog, dans flickr, dans wikipedia, dans FaceBook, etc.) c’est parce qu’il y a trois choses à l’oeuvre :
- une démarche participative et collaborative : on est dans un milieu associé où j’utilise moi-même les données que je saisi : je suis à la fois producteur et consommateur de ces données, tout comme celles des autres. Et nous saisissons même à plusieurs, et nous nous corrigeons entre nous.
- des interfaces claires et simples d’emploi. C’est ce que les progiciels n’ont jamais réussis à faire. Quand un éditeur de logiciel me présente ses interfaces de restitutions et ses beaux graphiques, je demande à voir ses interfaces de saisie.
- des interfaces d’accès aux données (APis) qui me permettent de “jouer” et d’inter-agir avec les données que j’ai saisi, ou à minima de m’éviter de re-saisir ce que j’ai déjà saisi ailleurs ( à ce propos il faudra un jour que l’on réalise que les ressaisies multiples font l’effet d’une bombe atomique dans le psychique d’un collaborateur).
L’entreprise 2.0 c’est aussi et surtout à çà que cela peut servir : améliorer la qualité globale des informations et des données dans l’attention portée aux tâches de saisie des données.
la saisie doit évoluer vers des pratiques collaboratives dans le cadre d’un milieu cette fois-ci non plus dissocié mais associé, c’est à dire où je suis à la fois le producteur et le consommateur de la qualité de mon travail.
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Tags: data, données, entreprise, métadonnées, metadata, web_2.0, workflow
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Le web 2 est la.
La poste propose a chacun de personnliser ses propres timbres. Donc le web 2 est partout, c’est officiel. Il est donc temps d’arreter d’en parler mais d’en faire.(final)